
Le Pôle de recherche et d’enseignement supérieur ParisTech va donner aux grandes écoles d’ingénieurs françaises une meilleure visibilité internationale.
La fin d’année 2006 a marqué une étape décisive pour ParisTech, la structure qui rassemble les dix grandes écoles d’ingénieurs françaises [NDLR: la récente fusion de l’INA P-G, de l’Engref et de l’Ensia au sein d’Agro ParisTech fait passer le nombre de membres fondateurs d’origine parisienne de 11 à 10]. Le principe du Pres (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) ParisTech a été accepté par François Goulard, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.
Introduits par le Pacte pour la recherche d’avril 2006, les Pres sont des outils de mutualisation d’activités et de moyens d’établissements d’enseignement supérieur et de rlecherche, publics ou privés, relativement proches géographiquement, visant à acquérir une taille critique pour renforcer leur efficacité, leur visibilité et leur attractivité. Le décret de confirmation du titre de Pres doit être publié durant ce premier trimestre 2007. Ce label est indispensable pour permettre à ParisTech d’évoluer prochainement vers un statut d’EPCS (Établissement public de coopération scientifique), au même titre que les grandes écoles comme l’Ensam. «Paris Tech répond à un besoin fort de la part des 10 grandes écoles soumises à un environnement concurrentiel tous les jours plus présent, insiste Gérard Ledieu (Li. 61), président de la Société des ingénieurs Arts & Métiers. Ne pas regarder le monde tel qu’il est, c’est-à -dire en pleine évolution ; conserver ses acquis par une démarche frileuse en s’imaginant que sans adaptation au marché, nous pourrons maintenir la qualité des diplômes dispensés par l’École; en bref, faire du nombrilisme serait une grave erreur.»
L’effectif s’étoffe
Pour les écoles multicentres comme l’Ensam, l’adhésion au Pres ParisTech devient un projet structurant essentiel. Il n’exclut nullement des accords spécifiques et bien délimités des centres de ces écoles, autres que parisiens, auprès d’autres Pres ou pôles de compétitivité régionaux. «Grâce à ses centres d’enseignement et de recherche décentralisés, l’Ensam apporte des racines régionales à ParisTech et, d’autre part, donne accès aux élèves des régions concernées à des offres de parcours élargies, explique Jean-Paul Hautier, directeur général de l’Ensam. Le dispositif du Pres va nous permettre d’atteindre une réelle masse critique et place d’office l’École dans le consortium des meilleures écoles françaises, mais également des universités internationales reconnues. Il complète très bien les actions déjà initiées comme le réseau d’excellence international Idea League, auquel appartient l’Ensam au travers de ParisTech.»
Sur le plan budgétaire, l’année qui s’ouvre marque elle aussi une nouvelle étape : en 2007, l’effectif des permanents de ParisTech passera de 6 à 9 personnes et la contribution financière totale des écoles membres passera de 0,3 à 0,5 Me. Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans la continuité des actions entreprises ces deux dernières années au sein de la structure. Au début de l’année 2006, une autorité de réflexion et de stratégie baptisée «Comité d’orientation stratégique» (COS) a été mise en place. Elle permet de faire évoluer la structure associative de base et d’associer les présidents des conseils d’administration des dix écoles et six présidents d’associations d’anciens de ces mêmes écoles qui ont exprimé leur volonté de participer aux destinées de ParisTech. Le COS est présidé et animé par Bertrand Collomb, PDG de Lafarge.
Favoriser l’échange
Parmi les programmes déjà lancés par ParisTech, figure notamment un large catalogue de ressources pédagogiques accessibles en ligne (ParisTech libres savoirs) qui reçoit un millier de visites par jour. Ces ressources mises à disposition (programmes, unités d’enseignement, notes de cours, annales, recueils d’exercices, etc.) font partie de celles qui sont actuellement utilisées par les élèves des Écoles de ParisTech. Ce projet vise à valoriser l’excellence de l’enseignement dispensé afin de favoriser la venue d’étudiants
étrangers, mais aussi à apporter une contribution pour combler le fossé numérique en mettant des ressources éducatives en libre accès.
À l’étranger, ParisTech a déjà initié plusieurs actions. En Chine, l’opération de recrutement d’ingénieurs se poursuit. La base actuelle se situe à environ 50 ingénieurs chinois par an, venant compléter leurs études dans les écoles de ParisTech. Cette formation «à la française» a déjà engendré 150 diplômés chinois. Déjà présente au sein du Centre franco-chinois, inauguré à Shanghaï en octobre dernier, ParisTech projette de créer un centre de formation dans cette ville. De l’autre côté du globe, au Brésil, un programme de promotion similaire vient de démarrer à São Paulo. Dans l’Hexagone, les projets se développent aussi. La première chaire ParisTech a été créée. Il s’agit d’une chaire de Science des matériaux pour la construction durable financée par le groupe Lafarge. Une fondation ParisTech, provisoirement hébergée par lafondation de l’École Polytechnique, a également vu le jour. Une formation doctorale particulière et intitulée «docteurs pour les entreprises» a été également lancée en 2006. Son objectif est de donner aux doctorants
motivés par une carrière dans l’entreprise, une formation de base (4 semaines, en langue anglaise)sur la stratégie des affaires et le management. Enfin, une résidence des élèves, d’une capacité de plus de 150 lits, ouvrira ses portes en septembre 2008 en lieu et place de l’ancienne maison de l’Indochine de la Cité universitaire internationale de Paris. Elle permettra notamment de recevoir les élèves venant de l’étranger.
Les élèves et anciens élèves des grandes écoles veulent bien sûr jouer leur rôle dans ParisTech. Ainsi, les présidents des associations d’anciens élèves vont prochainement créer une association baptisée «ParisTech Alumni». Les bureaux des élèves des dix écoles se sont eux aussi mis d’accord pour créer une association des élèves de ParisTech, appelée «Union des élèves ParisTech», et éditer un journal de liaison. «Dans un premier temps, il s’agit de mettre en commun certaines de nos activités festives ou sportives pour favoriser l’échange et la rencontre. 12 000 étudiants à ressembler, ce n’est pas rien tout de même!», s’enthousiasme Étienne Piollet (Cl. 204), président de l’Union des élèves de l’Ensam. Pour mieux nous faire connaître et nous rendre visibles à l’international, nous devons nous unir. C’est vraiment notre intérêt de jouer le jeu dès maintenant pour que les prochaines promotions d’élèves-ingénieurs en récoltent les fruits, par exemple en offres de stages à l’étranger.»
Olivier Vercherand
Pour en savoir plus : www.paristech.org
http://graduateschool.paristech.org (ParisTech libres savoirs)
Arts et Métiers Magazine n°299 - mars 2007
Sommaire de la rubrique
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- Le podcast à l’assaut des médias
- Une nouvelle dynamique pour ParisTech














